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Avec Trois Centimes

Un blog avec mes astuces concernant le budget et ma façon de le vivre au quotidien

Comment peut-on faire des économies en achetant bio ?

Publié le 1 Février 2016 par Iscambe

Manger bio. Pourquoi ?

Quelque chose qui m'a longtemps freinée lorsque je réfléchissais à l'éventualité de manger bio, c'était le prix. Je surfais sur les sites des magasins bios, je regardais les produits dans les rayons spécialisés en magasins, je regardais les reportages, et... je me disais que jamais, jamais !, je n'aurais les moyens d'acheter du bio sans exploser mon budget.

J'étais convaincue que c'était meilleur pour la santé, pour la planète aussi, pour tout le monde. Avec le bio, il y a beaucoup de valeurs qui sont véhiculées. Ce n'est pas seulement améliorer la qualité de notre alimentation (et par conséquent, faire effet boule de neige avec la santé), c'est faire attention à une multitude de choses. L'agriculture bio utilise moins, voire parfois pas du tout, de pesticides et de produits chimiques pour cultiver les aliments ou pour nourrir les animaux. C'est un respect de l'environnement, de l'animal, des plantes, de la Terre. C'est veiller à moins polluer, à respecter le rythme des saisons, des animaux, des cultures, etc. C'est de la patience et de l'amour. Vouloir manger bio, c'est s'ouvrir à des questionnements parfois douloureux, notamment par rapport à la condition d'élevage des animaux ou à l'élimination des déchets, pour ne citer que ça. C'est pour ça qu'il est question de vrac dans les boutiques spécialisées en bio, de manger de saison et local, etc.

Acheter bio, c'est donc comme je le disais, réfléchir à tout ça. Acheter des bananes bios qui viennent de République Dominicaine quand on habite en France métropolitaine, ça n'a pas de sens. Puisque la démarche est de respecter la Terre et d'essayer de polluer moins en mangeant quelque chose de meilleure qualité, il est absurde de manger un aliment qui a fait des milliers de kilomètres en avion pour perdre beaucoup de ses vitamines et minéraux, et dont le transport a énormément pollué.

Tout ce cheminement de pensée, je le faisais sans sauter le pas, parce qu'il n'était pas question pour moi de manger selon mes convictions les quinze premiers jours du mois pour ensuite crever la faim les quinze derniers parce que je n'avais plus d'argent. Mais... ces convictions justement ont commencé à sérieusement me turlupiner. Je n'arrivais plus à me sortir de la tête que j'ingurgitais, et Chéri et notre fille aussi, des produits nocifs et dégueulasses. Oui j'aime les tomates, mais force est de constater qu'en plein de décembre, elles sont fades quoi... de la flotte à 3€/kg, merci bien ! A quoi bon ? Combien de fois j'ai croqué dans une carotte ou une pomme en me disant qu'elles avaient un goût chimique ? Ca m'a fait peur.

Préparer le terrain. Comment ?

Avec Chéri, on a donc décidé de faire un tour dans les magasins bios autour de chez nous pour relever les prix et voir ce qu'il était possible de faire. Alors un vendredi ou un samedi après-midi je ne sais plus, on a fait notre tour et j'ai noté, noté, noté. J'ai comparé avec ce que nous achetions dans le commerce industriel de base. Effectivement, tout y est plus cher. Je ne vais pas mentir, c'est vrai. J'étais un peu désemparée. 100€ par semaine, c'était notre maximum. En additionnant les prix que j'avais relevés, ça dépassait, et pourtant, aucune folie !

J'ai comparé les magasins bios entre eux pour voir sur les produits similaires qui était le moins cher. J'ai comparé aussi avec les produits bios en supermarché. Eh bien, surprise ! Parfois, même le supermarché ne fait pas moins cher !

J'ai pris le temps de réfléchir. Quand on fait à manger, qu'est-ce qu'on cuisine ? Qu'est-ce qu'on aime manger ? J'ai été surprise de constater que contrairement à ce que je croyais, nous ne consommons pas tant de viande que ça. On en a beaucoup au congélateur, mais on en mange peu dans la semaine. Le stock dure. Donc même si la viande peut coûter très cher en bio, en choisissant bien comment la consommer, le prix peut passer dans une facture hebdomadaire occasionnellement.

Un poste de dépense assez conséquent, c'est le petit-déjeuner. Chéri aime varier, et aime les produits industriels pour ça. C'était un poste sur lequel il était possible de travailler. Remplacer le paquet de céréales à 4€ qui fait cinq jours, ça doit pouvoir se faire non ? Et même avec des ingrédients bios, ça doit être moins cher, non ?

Sauter le pas. Comment ?

J'ai décidé de revenir à la bonne vieille méthode des menus. On ne s'y tient qu'à moitié et j'ai fait la paix avec ça. On n'arrive pas toujours à se motiver pour telle recette un peu longue à la date prévue ? C'est pas grave ! Ce sera pour un autre jour. Et parfois, un jour à la recette facile voit naître une motivation sortie de nulle part pour se lancer dans une préparation de plusieurs heures, alors allons-y. Mais l'idée est quand même de planter un décor et des idées de repas pour varier les aliments, les plaisirs, les préparations et donner une base, même si on on dévie (et ainsi le gratin de courge butternut au chèvre s'est transformé en purée au ras el hanout).

Et j'ai décidé que le stock, c'était plus ou moins terminé. Puisque nous faisons nos courses à la semaine, il n'est plus nécessaire d'acheter de grosses quantités qui finissent par dormir et ne servir à rien pendant des mois en encombrant l'espace. Ca me pollue visuellement et ça m'embrouille. J'ai dit plus ou moins terminé, parce que le congélateur va continuer à nous être infiniment utile. Pour deux raisons. La première, il va me permettre de conserver mes préparations maison faites à l'avance mais qui ne se tiennent pas forcément bien au frigo. La seconde, pour la viande. Nous avons toujours notre cagnotte qui se gonfle des sous que nous n'avons pas utilisés semaine après semaine, qui je pense nous servira à acheter un colis de plusieurs kilos de viande lorsque notre congélateur sera vidé.

On élimine ! Dans le placard, on avait au moins deux kilos de pâtes, mais c'était des torsades et des spaghettis, vous comprenez ? Pas des coquillettes, donc on achetait des coquillettes parce qu'on ne voulait ni torsades ni spaghetti. A quoi bon ? Des pâtes restent des pâtes. Donc tant pis pour les coquillettes maintenant, si on veut manger des pâtes on prendra ce qu'on a déjà avant d'en racheter. Et ça fonctionne pour à peu près tout. En vrac, il est de plus possible de prendre juste ce dont on a besoin. Bon à savoir : 60g de pâtes de blé complet cuites al dente calent bien plus que 100g de pâtes blanches et apportent plus de bienfaits à l'organisme.

Mais j'ai gardé pour la fin l'astuce la plus évidente et la plus économique qui soit en vérité. L'intérêt d'acheter en bio, c'est d'acheter des produits aussi bruts que possible. Si vous voulez manger des plats tout prêts ou des produits déjà cuisinés/préparés, alors le bio ne va pas sauver votre budget. Qu'est-ce que j'entends par produits bruts ? La farine, le lait, les oeufs, les légumes et les fruits, le sucre, l'huile, les pâtes, le riz, etc. Les produits de base avec lesquels tout se fait.

Même si le coût de ces produits est un peu plus cher que dans le circuit classique, ils sont de meilleure qualité au niveau du goût et pour la santé. Et si vous préparez un maximum de choses vous-mêmes, le prix de revient sera moindre pour beaucoup de produits.
J'ai essayé la recette du pain magique, avec des produits bios. Chaque baguette m'est revenue à 0,25cts environ. Je n'ose même pas imaginé le prix d'une baguette de pain bio dans le commerce ! Pareil pour les petits pains au lait, qui m'ont coûté 1,41€ les 18 contre 2€ les 18 pour une grande marque industrielle non bio.

Le bilan ?

Ces économies se vérifient aussi pour beaucoup d'autres produits, et pas seulement alimentaires. Ces euros gagnés, même s'ils sont parfois reversés pour compenser la différence de prix (notamment au niveau des fruits et légumes), et nos nouvelles habitudes permettent de voir la note des courses diminuer.

C'est comme ça qu'en janvier, en achetant 70% bio je dirais, nous avons dépensé 280€ sur l'enveloppe globale de 400€ allouée aux courses. Pour dire, la dernière semaine, à part des pommes, nous n'avons rien acheté. Rien du tout.

Nous réfléchissons à quoi manger en essayant de faire un maximum avec ce que nous avons déjà, pour avoir à acheter moins. Et nous essayons d'en préparer un maximum nous-mêmes. Je n'aime pas passer du temps en cuisine, et les recettes que j'ai partagées ne prennent pas beaucoup de temps. On peut grossir les quantités pour faire en masse, cela se congèle très bien (j'ai essayé !) et comme ça, pas besoin de recommencer tous les quatre matins. Nous n'élaborons pas de plats compliqués, parce que le soir on est fatigué et on n'a pas envie d'être en cuisine pour deux heures. Donc même en étant phobique de la cuisine ou nul(le), et même en étant occupé(e) et pressé(e), c'est possible ! Vraiment.

Commenter cet article

Tonkin voyage Vietnam 25/05/2017 11:44

Je pense que c'est difficile d'économiser en mangant bio parce qu'on doit toujours imaginer d'autres plats et acheter des bons produire pour changer la cuisine chaque jour.

David 16/03/2017 11:42

Ma femme a décidé de changer d’alimentation et elle s’est mise au bio récemment. Si cet article lui permet de dénicher des astuces pour faire des économies par la même occasion, je suis preneur, merci. :)
A+

Jonathan 11/02/2016 17:51

Bonjour,
Merci pour cet article. Pour ma part, je trouve que les produits bios ne sont pas si accessibles que cela. Je vais essayer d’utiliser ces conseils et je te ferai part de mes impressions par la suite. :)

Iscambe 12/02/2016 10:58

Les prix du bio sont moins intéressants que les prix bas qu'on trouve dans le commerce classique, surtout si on se réfère à des enseignes comme Lidl ou aux premiers prix des géants des supermarchés. Mais en comparant plusieurs enseignes de bio, il est possible de trouver des prix plus attractifs et de faire jouer la concurrence. Il existe énormément de possibilités selon l'endroit où on se trouve : drive fermier, marchés, achat direct auprès des producteurs, amap, ruche qui dit oui, biocoop et autre "supermarchés" bio...

Pascale 01/02/2016 18:25

Merci pour cette belle réflexion et toutes les pistes ... très optimiste !